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Ile Maurice et sa population d’origine indienne

10 juillet 2015

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Engagés indiens © AGTF

On les appelle communément Indo-mauriciens, les Mauriciens d’origine indienne. Qui sont-ils, de quelles régions de l’Inde sont-ils originaires et quel fut leur cheminement dans cette île multiethnique et pluriculturelle depuis leur arrivée jusqu’à nos jours ?


D’après les chiffres du recensement de 2011, cette catégorie de la population regroupe plusieurs sous-communautés ethnico-religieuses d’origine indienne formant 68% de la population de l’île Maurice. Ce regroupement est constitué de deux sous-catégories différenciées selon un critère religieux : une majorité de 51 % originaire de plusieurs régions ethnolinguistiques de l’Inde est de foi hindoue et 17 % provenant pour la plupart de l’Etat du Goujerat situé à l’ouest de l’Inde est de foi musulmane. Depuis la date de la première immigration au 18e siècle, des sous-groupes se sont constitués à l’intérieur de chaque sous-catégorie en fonction des écoles de pensée pour les musulmans et de la langue dite « ancestrale », pour les hindous. Ainsi, chez les Indo-Mauriciens, on distingue des Biharis hindiphones et bhojpuriphones, des ourdouphones, des Tamouls, des Télégous, des Marathis et des Goujeratis ayant leurs propres pratiques et croyances.

Immigrations successives et origines plurielles

Les Indo-mauriciens sont d’origines géographiques différentes et appartiennent à des castes et groupes ethnico-religieux très variés. Selon les historiens que citent S. Chazan-Gillig et P. Ramhota, une partie des Indo-musulmans venait de l’Etat de Goujerat des villes de Kutch, Patna, Ahmedabad et Surat et une autre de la Côte de Malabar en fonction des différentes périodes d’immigration. Environ 60 % des immigrants étaient originaires du Nord et de l’Est de d’Inde. Ils venaient de l’Etat du Bihar, des districts de Champaran, Shahabad et Saran, de l’Uttar Pradesh et des districts d’Azimghar et de Ghazeerpur où se parlait le dialecte proche du hindi, le bhojpuri. D’après les récentes recherches de S. Ramchurn, parmi les premiers Indiens engagés sous contrat, se trouvaient des populations tribales originaires du Nord de l’Inde appartenant aux tribus de la famille Dhangar, notamment les Munda, les Oraon, les Santal et les Gond. Les Marathis du Maharashtra, environ 9 % de la population, arrivèrent en 1843 du Konkan, Ratnagiri, Savantvadi, Satar, Malvanand et Thane. La population dravidienne du Sud de l’Inde, composée de Tamouls et de Télégous formaient 33 % de la population. Les Tamouls qui sont arrivés sous la colonisation britannique étaient originaires de Chengalpattu, Tanjore, Tiruchirappalli, Tirunelveli, Salem et Coimbatore, entre autres. Les Télégous venaient des villes d’Andhra Pradesh comme Rajamundry, Vizagapatnam, Ganjam, Chittoor et Nellore.

Depuis l’indépendance de l’Inde en 1947, d’après Anouck Carsignol-Singh, les Indiens de Maurice et d’autres colonies britanniques étaient coupés de leur pays d’origine ; en effet, elle précise que pour des raisons diplomatiques, l’Inde ne pouvait pas s’intéresser aux Indiens ayant émigré dans les colonies britanniques et limitait tout rapport culturel et économique. Toutefois, à partir des années 1960, l’Inde a connu de nouvelles vagues migratoires et la diaspora indienne installée localement a favorisé le rayonnement de l’Inde ; depuis une quinzaine d’années, les gouvernements des deux pays participent au bien-être de la communauté d’origine indienne à l’île Maurice, en poursuivant la sauvegarde des cultures d’origine et en développant des actions multiples comme le financement de centres culturels, la recherche des racines et des affiliations indiennes, le parrainage des festivals et des cérémonies religieuses... On peut souligner à cet égard le rôle capital que joue la branche mauricienne de la Global Organization of People of Indian Origin (GOPIO), l’organisation diasporique indienne à dimension mondiale, dans le rayonnement de l’Inde à l’île Maurice et à l’île de la Réunion, entre autres, visant ainsi à favoriser une meilleure (re)connaissance de sa culture indienne au sein des populations d’immigrés d’antan et contemporains.

On distingue plusieurs périodes d’immigration des Indiens à l’île Maurice. Les premiers Indiens sont arrivés sur l’île pendant l’occupation hollandaise entre 1598 et 1715 mais l’île fut complètement abandonnée jusqu’à l’arrivée des colons français. La première immigration remonte à l’époque où la Compagnie des Indes orientales s’installa dans l’océan Indien en 1722. Cette immigration se développa davantage sous le gouvernement de Mahé de La Bourdonnais arrivé dans l’île en 1735 et plus tard sous Decaen ; les deux gouverneurs avaient besoin de bras pour le développement du pays. Des Indiens de groupes ethnico-religieux variés de la Côte de Malabar et de Bengale sont arrivés dans l’île. Une communauté de matelots de foi musulmane, reconnue pour son expertise en construction navale et dans la navigation étaient engagés sous contrat pour travailler dans le port ; ils finirent par être appelés Lascars, terme qui vient du hindoustani lachkari, « matelot ». À cette période, des ouvriers de Pondichéry s’y étaient également installés. Progressivement, pour faciliter le recensement, on a commencé à faire des sous-catégories entre Indo-mauriciens distinguant les Malbars, hindous hindiphones, les musulmans du Bihar, les populations tribales, les Tamouls de foi hindoue (ou Madras), les Tamouls de foi chrétienne (Madras baptisés), les Télégous et les Marathis (ou Bombayes). Au 20e siècle, ces distinctions ont commencé à jouer un rôle important sur le plan politique. Selon les historiens, Mahé de La Bourdonnais, qui était un gouverneur déterminé à relancer l’économie négligée de l’île, réussit à recruter une main-d’oeuvre qualifiée pour développer les infrastructures en matière civile, militaire et navale. En plus des matelots, on trouvait aussi des maçons, des tailleurs, des cordonniers, des charpentiers, des orfèvres, et des usuriers. R. Sooriamoorthy nous raconte que les Tamouls originaires des villes de Pondichéry, de Karaikal et de Coromandel, réputés comme tailleurs de pierre, avaient beaucoup participé à la construction de plusieurs bâtiments en pierre et des églises de la capitale ainsi qu’au tracé de ses routes. Ils ont aussi contribué à la formation des ouvriers noirs dans ce domaine. Parmi ces Indiens de foi chrétienne, se trouvaient aussi des commerçants qui purent réunir des fonds pour acheter un terrain et construire l’Eglise St François Xavier qui fut consacrée en 1823 à Port Louis.

C. Uteem et B.H. Taleb précisent qu’à cette période, même si les Indiens installés à "l’Isle de France" étaient considérés comme libres, ils ne pouvaient pas pratiquer leur religion selon le Code Noir de 1723 qui imposait l’exclusivité de la religion catholique. Cette législation discriminatoire à l’égard des non-catholiques faisait partie de la politique d’acculturation et d’assimilation des immigrés indiens ; les Indiens croyants de foi musulmane devaient se regrouper dans la clandestinité pour pratiquer leur culte. Au moment de la Révolution française et de son impact sur la liberté religieuse, les Indiens déposèrent des pétitions auprès des autorités pour avoir le droit de sauvegarder leur identité religieuse et d’exercer leur culte librement. Au bout de la troisième pétition, lorsqu’ils revendiquèrent un terrain pour se réunir, ils obtinrent à Port Louis un espace appelé le Camp des Malabars à l’image des Camps des Noirs. Le gouverneur Decaen leur concéda ce terrain en 1805. Aujourd’hui, la majorité des Port-Louisiens de foi musulmane habitent ce quartier-est de la capitale, appelé depuis le « Camp des Lascars ». Entre 1829 et 1865, des marchands de foi musulmane de Bombay et de Surat de l’Etat du Goujerat vinrent s’installer dans l’île et, grâce à une intense activité commerciale, apportèrent beaucoup au développement culturel et religieux de leurs communautés en construisant des mosquées et des « madrassas », les écoles coraniques. Dans le quartier nord de la capitale, se réunissaient les hindous qui pouvaient pratiquer leur religion dans des temples dédiés aux divinités du panthéon hindou. Les uns et les autres étaient libres de célébrer leurs fêtes religieuses qui prenaient parfois une dimension multiculturelle face aux autorités coloniales. Au 19e siècle, il semblerait que les différentes communautés d’origine indienne participaient tous à la procession populaire annuelle du Ghoun ou Yamsé ; cette fête musulmane qui célébrait le dixième jour du Muharram, le martyr de l’imam Hossein se tenait à Port Louis et parfois dans les propriétés sucrières où les engagés étaient aussi d’origines religieuses diverses. Selon C. Uteem et B.H. Taleb, dans leur ouvrage commémorant le centenaire de la première mosquée de l’île, les immigrés hindous et musulmans se réunissaient pour se rappeler leurs cultes ancestraux et vibrer à l’unisson pendant ce festival qui prenait une teinte folklorique. Mais avec le temps, suite aux changements socio-économiques et politiques, cela a généré des tensions et aujourd’hui, cette fête est célébrée par une très petite partie de la communauté musulmane.

Une deuxième vague d’immigration d’Indiens du nord et du sud eut lieu après la prise du pays par les Britanniques en 1810. Selon leur provenance, ils exerçaient des métiers différents. Sous le gouvernement de Farquhar en 1815, des prisonniers indiens exilés à l’île Maurice à la recherche d’une liberté relative, ont pu améliorer leurs conditions de vie ; ils ont participé à la construction des fortifications et à la plupart des routes du pays reliant la capitale au centre et au sud de l’île. Toutefois, seulement 5 % restèrent sur l’île après l’expiration de leur contrat d’emprisonnement en 1853, soit en vivant avec une pension de l’Etat soit en se reconvertissant dans le commerce. Des soldats indiens venus de Madras participèrent à la conquête de l’île mais la plupart furent ensuite renvoyés en Inde. D’autres restèrent en signant allégeance à la Couronne britannique. À la fin des années 1825, une quinzaine d’Indiens sont venus de Madras pour travailler dans la Fonction publique à la Trésorerie et aux Travaux publics. Puis, des Indiens de Pondichéry arrivèrent pour rejoindre leurs familles installées dans l’île au temps de l’occupation française. Entre 1850 et 1865, venant de plusieurs villes d’Inde du sud comme Madras, Pondichéry, Tranquebar, Tanjore, Mayavaram, Cuddalore, un grand nombre de commerçants vint s’installer dans la capitale et participa à la construction de nombreux temples dans toute l’île. Certains continuèrent à pratiquer leur culte en célébrant le Cavadee et les cérémonies de marche sur le feu alors que d’autres embrassèrent la religion catholique. Ils fondèrent des associations socioculturelles pour la conservation de leurs cultures et des langues ancestrales dans un milieu occidental. Des écoles « privées » furent créées par les différentes communautés pour l’apprentissage du hindi, du tamoul, de l’ourdou et de l’arabe. Ensuite, l’enseignement des langues dites « orientales » fut instauré dans les établissements scolaires publics.

À partir de 1835, à la suite de l’abolition de l’esclavage, l’île vit l’arrivée massive d’autres immigrants indiens, très souvent dans des conditions déplorables, embarquant à Bombay, Madras et Calcutta et débarquant à l’Aapravasi Ghat à Port Louis.

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Les marches d’Aapravasi Ghat – lieu de débarquement des immigrés indiens

Compte tenu du manque de main-d’œuvre dans les champs de canne et de l’ambition des Britanniques à développer davantage l’industrie sucrière, des travailleurs indiens arrivèrent de plusieurs régions de l’Inde. Ainsi commença ce qu’on appelle le « coolie trade ». Touchés par la pauvreté, le désespoir, les guerres et la surpopulation, ces Indiens provenant des districts montagneux du Bihar, des plaines du Bengale, du Maharashtra, de l’Uttar Pradesh et des Etats du Sud de l’Inde, s’engagèrent sous contrat pour travailler dans des plantations sucrières pour une durée de cinq ans initialement.

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Engagés indiens dans les camps sucriers © Archives Nationales mauriciennes

Affectés au travail dans les champs situés au cœur des propriétés sucrières au Nord de l’île dans des conditions les plus serviles, victimes d’abus innommables, ils vécurent mille souffrances dans des logements insalubres et subissant des châtiments corporels, une surcharge démesurée de travail et des sanctions injustes. Grâce au soutien et au combat d’un planteur français d’origine allemande, Adolphe de Plevitz qui habitait la propriété de son beau-père François Rivet à Pamplemousses et qui luttait pour la défense des droits des travailleurs indiens, ces derniers ont fini par obtenir une certaine forme de protection contre des injustices subies. On fit des enquêtes sur les conditions de l’engagisme, et à partir de 1838, l’émigration fut contrôlée avec plus de rigueur à Calcutta ; la protection des Immigrants sur l’île fut notifiée par l’Ordonnance de 1878 avec la création du bureau d’immigration. Certaines associations avaient aussi pour mission de défendre les droits des indiens maltraités. Ainsi, la première association indienne, la Young Men’s Hindu Association, fondée par des Tamouls en 1908, grâce à Manilal Doctor, avocat envoyé par Gandhi pour défendre les laboureurs engagés sous contrat, a joué un rôle capital pour l’amélioration des conditions de vie de ces Indiens et la promotion de la culture hindoue dans l’île.

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Le Ramayana et les ustensiles en cuivre des engagés © BRIC – AGTF

Déracinés, ces immigrants trouvaient un peu de consolation en se réfugiant dans leur foi lors des réunions de récitation des textes sacrés hindous, comme le Ramayana, la Bhagavat Gita et les Upanishads, ainsi que pendant la célébration de la fête de holi, entre autres. Ils agrémentaient aussi leur quotidien en inventant des chansons en bhojpuri racontant leur cheminement et leur vie en exil. En 1922, suite à la demande des travailleurs engagés pour leur liberté, une dernière vague d’immigration fut négociée selon des conditions précises pour assurer leur protection et le respect de leurs droits. Des terres furent morcelées et un certain nombre d’immigrants-laboureurs étaient alors devenus propriétaires terriens.

Installation et combat pour l’indépendance

À partir de 1862, l’administration des colonies instaura de nouvelles conditions d’immigration en assouplissant la réglementation en vue d’inciter l’installation permanente des immigrants dans une colonie qui prospérait. On veilla à promouvoir le bien-être des immigrants indiens sur les propriétés sucrières et à leur vendre des terres pour encourager leur autonomie. Certains étaient devenus « petits planteurs » et d’autres s’orientèrent vers les affaires, le commerce et les services domestiques. À côté des petits planteurs, nouveaux propriétaires terriens, on trouvait une classe d’intellectuels indo-mauriciens qui s’engageait dans la politique et militait pour la reconnaissance de leurs opinions et des droits d’une population d’immigrés qui commençait à se stabiliser et à se structurer au fil des décennies. En 1886, sous le Gouverneur John Pope Hennessy, la réforme constitutionnelle décréta une représentation équitable de la communauté d’origine asiatique au Conseil législatif du gouvernement. Dans la capitale, au conseil municipal, la communauté indienne fut représentée depuis 1898. Plusieurs journaux politiques virent le jour, dont l’hebdomadaire The Hindustani, journal du mouvement progressiste des hindous, l’Arya Samaj, fondé en 1909 par Manilal Doctor, grâce au soutien financier d’un groupe de commerçants tamouls et musulmans qui lui procurèrent une imprimerie. Le journal était publié en anglais, hindi et goujerati. La communauté indo-mauricienne, toutes ethnies et religions confondues, étaient solidaires de ce combat pour améliorer les conditions de travail et l’état social général de ces derniers. Elle réussit à donner un nouvel essor à l’économie du pays par une contribution inestimable à sa prospérité, due à leur efficacité, leur intelligence et une conscience professionnelle sans pair ! D’un côté, il y avait l’industrie sucrière et de l’autre, le commerce des riches marchands originaires du Goujerat, les fameux Meimans de Kutch et les Sourtis de Surat, investissant dans les épiceries et les quincailleries ainsi que le textile.

Le chemin vers la réussite sociale n’était néanmoins pas toujours facile ; mais, petit à petit, les Indo-mauriciens et les autres communautés issues de métissages divers, appelés localement « la population générale » commencèrent à être reconnus sur le plan politique également. En 1910, il y eut deux représentants indo-mauriciens au Conseil législatif, M. Boodhun et Dr Hassen Sakir jusqu’en 1925 et en 1926, Dhunputh Lallah, fut élu et devint le premier député indo-mauricien. Il est important de souligner le rôle du Pandit Atmaram Vishwanath qui fut envoyé en mission par Manilal Doctor. Originaire de Poona au Maharashtra, il avait pour mission de représenter localement l’Arya Samaj et de diriger le journal The Hindustani après le départ de Manilal Doctor. Journaliste de grande qualité, et ayant vécu à l’île Maurice pendant 25 ans, il a pu donner son opinion sur l’évolution de la société mauricienne à la fin des années de l’engagisme. Ses analyses ont largement nourri l’élite intellectuelle indo-mauricienne pour le destin politique du pays. C’est ainsi que le pays commença progressivement son cheminement pendant une quarantaine d’années vers la démocratie et l’indépendance. Suivant attentivement la politique internationale et l’impact des deux guerres sur le monde et influencé surtout par la lutte de Gandhi et ses pairs pour l’indépendance de l’Inde, la communauté d’origine indienne et la « population générale » de l’île Maurice se serrèrent les coudes pour avancer vers l’autonomie afin de se libérer du joug britannique ; comme le rappelle J.-C. de l’Estrac, malgré certains heurts intercommunautaires générés par « le spectre de l’indianisation », les militants essayaient de regrouper les minorités dans le respect d’une représentation équitable de toutes les communautés aux élections. C’est ainsi, que chez les Indo-mauriciens, deux grandes figures politiques, entre autres, issues des deux communautés hindoue et musulmane s’associèrent pour marquer le début de l’histoire de l’indépendance de l’île Maurice : Sir Seewoosagur Ramgoolam et Sir Abdool Razack Mohamed. Des personnalités de toutes origines comme Guy Rozemont et Renganaden Seeneevassen, entre autres, apportèrent également leur pierre à l’édifice en fonction de leurs ressources, tantôt dans l’éducation, la culture, tantôt dans l’industrie et l’agriculture. On ne pourrait pas tous les citer mais il faut se rappeler d’un grand historien et militant, Pandit Basdeo Bissoondoyal auquel revient le mérite d’avoir fait instruire des milliers d’Indo-mauriciens qui ont appris, entre autres, à signer leurs noms en hindi afin de pouvoir voter aux élections. Les futurs Mauriciens, d’origine indienne et d’autres étaient soudés pour travailler ensemble jusqu’à l’obtention de l’indépendance avec la victoire d’un Parti travailliste multi-ethnique, fondé en 1936 par Maurice Curé, issu de la « population générale » et défenseur des travailleurs indiens. Territoire britannique ayant la Reine d’Angleterre comme chef d’Etat depuis le 12 mars 1968, le pays optera pour le statut de République en 1992 avec un Président et un Premier ministre.

Affirmations identitaires et devoir de mémoire

Pour suivre l’évolution de l’histoire des Indo-mauriciens, on pourrait, pour simplifier, identifier trois grandes périodes ; on distingue en premier, le temps des immigrations successives à partir du 18e siècle. Cette période montre l’appropriation par les Indiens de leur nouvel environnement, oscillant entre acculturation et assimilation. Puis, une deuxième période commence en 1922 avec un tournant significatif marquant la fin de l’immigration massive et l’installation durable des Indiens ; ceci engendre une stabilisation de la population à majorité indo-mauricienne qui, avec l’aide des autres communautés, commence son cheminement vers l’indépendance. Et enfin, un troisième temps qui débute après 1968, date de l’indépendance de l’île. Cette période est marquée par une forte affirmation identitaire au sein de chaque communauté. Depuis une cinquantaine d’années, les Indo-mauriciens ainsi que leurs compatriotes d’autres origines ont réussi à faire prospérer leur jeune nation tout en préservant leurs pratiques et leurs croyances. Toutefois, au sein d’un mauricianisme formel, des identités communautaires se sont affirmées de plus en plus avec la montée de ce qu’on appelle localement une politique « communaliste » ou communautaire. Cette évolution de la société mauricienne qui favorise une forme de solidarité limitée au détriment du bien-être global de la population a remis en question la notion même de « mauricianité », appartenance à la communauté mauricienne au sein de la nation dite « arc-en-ciel ». Lorsque l’appartenance ethnique devient prioritaire chez les Indo-mauriciens, c’est tout un pays qui subira les conséquences de ce choix. Par exemple, chez les Indo-mauriciens, le système de castes semble être tacitement très vivace et a tendance à engendrer népotisme et d’autres formes de favoritisme. Au fil des années, le peuple mauricien fortement déçu par les hommes au pouvoir affichera son désaccord avec cette politique et réclamera un changement radical aux élections pour assainir la situation.

Sur le plan culturel, malgré la création d’une multitude d’associations comme par exemple dans la communauté des Tamouls, souhaitant à juste titre préserver leur culture ancestrale tout en se distinguant par rapport aux Biharis originaires du nord de l’Inde, on déplore, selon Ramanujam Sooriamoorthy, une vraie perte de l’usage de la langue tamoule. Par ailleurs, il y aurait même une aliénation au sein de cette communauté ; certains ne connaîtraient pas la culture de leurs ancêtres et ne sauraient même plus la défendre. La perte de la langue serait même doublée de la perte de l’identité religieuse. Dans leur recherche très approfondie sur les kalimaïs (autels dédiés à la déesse Kali), S. Chazan-Gillig Suzanne et P. Ramhota, montrent combien ces autels qui réunissaient les différentes ethnies sous des formes différentes certes, aurait tendance à être désertés. Le culte de « Amourou Puja », dédiée à la déesse Kali chez les Télégous s’apparente au culte de « Mariamen » des Tamouls et à celui de « Baharia » des Hindous originaires du Nord ainsi qu’au culte du Dieu Ganesh chez les Marathis.

Aliénation identitaire, érosion culturelle, clivages et tensions diverses, tout cela, dit-on, semblent dues à l’ascension socio-économique des Mauriciens, quelle que soit leur origine et à la transformation de la société face à la mondialisation. Ces conséquences semblent prévisibles dans une société multiethnique et pluriculturelle. Toutefois, la population mauricienne a su développer le devoir de mémoire. Comme leurs compatriotes, les Indo-mauriciens multiplient les manifestations de commémoration, des publications de recherches approfondies sur le patrimoine local et la construction des lieux de mémoire pour faire connaître la vie de leurs ancêtres. Dès 1935, R.K. Boodhun, juriste indo-mauricien et président de l’Indian Cultural Association, réunira ses pairs de toutes origines pour commémorer le centenaire de l’arrivée massive des travailleurs engagés indiens et leur rendre hommage.

En 2014, à proximité de l’Aapravasi Ghat, lieu de leur débarquement, site classé patrimoine mondial de l’Unesco depuis 2006, s’ouvre le Centre d’interprétation Beekrumsing Ramlallah (BRIC) (Que M. Vikram Mugon, responsable-interprète du patrimoine à l’AGTF (Aapravasi Ghat Trust Fund) soit vivement remercié pour son accueil lors de notre visite au Centre d’interprétation Beekrumsing Ramlallah et pour nous avoir permis d’utiliser à titre gracieux quelques photos du Centre), lieu consacré à l’engagisme retraçant son histoire et celle de l’arrivée des engagés indiens à Maurice. De plus en plus de recherches archéologiques et d’enquêtes sociologiques sont menées pour valoriser le patrimoine mauricien.


Les recherches sur la généalogie
Grâce à des actes de naissance, de mariage et de décès de ses ancêtres, obtenus au Civil Status Office et à travers les actes notariés au Registrar General Office, un Indo-mauricien peut reconstituer sa généalogie et retrouver la trace de ses origines indiennes. Avec ces documents, il retrouvera un « numéro d’immigrant ». Il existe deux types de recherches : le numéro d’un immigrant engagé est différent de celui d’un ‘Free passenger’ (passager libre). Le numéro d’un passager libre comporte un numéro d’identification et l’année de son arrivée ; il est séparé par une barre oblique (ex : No. 747/47) alors que celui d’un engagé comporte seulement un numéro d’identification (ex : No. 44653). Pour un numéro d’engagé, les recherches doivent se faire au Mahatma Gandhi Institute Indian Immigration Archives (MGIIIA) à Moka. Ces archives recensent des documents datant de la période 1842 -1910 et comporte des détails concernant l’engagé comme le port d’embarcation et peut être aussi la photo de la personne si ce dernier est arrivé après 1865. En ce qui concerne les passagers libres, il faut se rendre au Mauritius National Archives pour la période de 1826 à 1902 et au Passport Office pour la période post 1902. Pour toute recherche, la personne doit fournir une pièce d’identité (carte d’identité/acte de naissance).

Des chercheurs en histoire et en anthropologie, dont Vijaya Teelock (Nous tenons à remercier vivement Vijaya Teelock, historienne et Professeur à l’Université de Maurice, pour sa relecture et pour ses conseils concernant les publications récentes sur l’histoire des Indo-mauriciens, dont le rapport de la Truth and Justice Commission (TJC) sur l’engagisme.) spécialisée sur les questions de l’esclavage et de l’engagisme à Maurice, multiplient des publications sur l’histoire du pays. Ramanujam Sooriamoorthy prendra l’initiative de ré-éditer l’ouvrage de son père sur l’histoire des Tamouls paru en 1977 et l’actualisera en 2013 à la lumière des mutations sociopolitiques et économiques récentes. Des lieux de culte anciens sont restaurés et des nouvelles constructions foisonnent pour réunir les différentes ethnies et préserver leur culture. N. Sewtohul nous raconte l’arrivée et l’installation des Indiens au Nord de l’île dans le village de Triolet où se trouve le plus grand temple des hindous biharis, le Temple Maheshwarnath. Il donne les détails de leur vie quotidienne dans les camps sucriers, leurs conditions de travail, leur libération et leur cheminement vers la prospérité. La fondation des lieux de culte hindous, des mosquées et des sanctuaires chrétiens est également décrite de façon détaillée, montrant la diversité des religions chez les Indiens installés sur les propriétés sucrières. Dans un ouvrage commémoratif paru en 2005 pour le centenaire de la construction de la première mosquée de Maurice à Port Louis, la mosquée Al Aqsa, C. Uteem et B.H. Taleb brossent un tableau complet de l’histoire des pionniers de la communauté musulmane de Maurice, ces matelots qui ont joué un rôle majeur dans la préservation de leur culture dans l’île. Le patrimoine musical est également à l’honneur lorsqu’on entend des chants folkloriques bhojpuris, que C. Servan-Schreiber appelle « chansons chutney », interprétés lors des mariages hindous et autres fêtes. L’origine de ces chansons date de l’installation des Indiens dans les camps sucriers lorsqu’ils se réunissaient pour exprimer leurs joies et leurs peines, en souvenir de leur lointain pays d’origine, dans un mélange de bhojpuri et de créole.

Originaires de plusieurs régions de l’Inde, de foi musulmane, hindoue ou chrétienne, les Indo-mauriciens habitent l’île Maurice depuis le 17e siècle et ont construit leurs vies en dépit des souffrances parfois indicibles. Ils ont tous apporté leur part au développement du pays devenue indépendant depuis 1968. Le progrès économique a entraîné une véritable ascension sociale de la population au sein d’une nation prospère où naissent aussi bien des alliances, des conflits et des clivages. L’histoire du cheminement des Indo-mauriciens est associée à celle de l’engagisme et de l’esclavage comme le précise K. Torabully lorsqu’il parle du processus transculturel de coolitude qui met l’accent sur la richesse de cette diversité identitaire et culturelle. Dans un pays créolophone, les Mauriciens d’origine indienne évoluent ainsi avec leur héritage pluriel. Certains cherchent encore leur identité dans le vivier d’interactions constantes entre créolité et indianité ; d’autres font leur devoir de mémoire pour transmettre une meilleure connaissance des relations interculturelles dans la diversité indo-mauricienne et mauricienne. Shakuntala Hawoldar, poétesse indienne, ayant épousé un Mauricien et installée dans l’île depuis 1968, présente un bel exemple de cette générosité lorsque dans un extrait de son poème intitulé « Maurice pluriel » traduit de l’anglais « I am not just Mauritius », elle dit :

Je ne suis pas seulement Maurice
confinée par le temps de l’histoire (.)
je porte la mémoire des luttes,
des combats d’hommes, dans les gorges, dans les montagnes
fouillant, labourant les cieux et les mers.
je suis toutes ces mains, tous ces pieds qui ont traversé
des siècles de souffrance
pour toucher l’homme à son zénith comme dans l’abîme.

Quelques références bibliographiques :

Beejadhur Aunauth, Les Indiens à l’île Maurice, Delhi, Maison Publication Nationale, 2004 (2e éd.)
Carsignol-singh Anouck, « La diaspora, instrument de la politique de puissance et de rayonnement de l’Inde à l’île Maurice et dans le monde », EchoGéo, 2009/10,
Chazan-Gillig Suzanne et Ramhota Pavitranand, L’hindouisme mauricien dans la mondialisation. Cultes populaires indiens et religion savante. Paris, IRD - Karthala - MGI, 2009.
Chowriamah Marcel, « The Tamil community of Mauritius : origin and contemporary state », Souvenir magazine 180th anniversary of the arrival of indentured labourers in Mauritius, Aapravasi Ghat Trust Fund, 2014.
Claveyrolas Mathieu, « Au pays des Vaish » ? Structure et idéologie de caste à l’île Maurice », Archives de sciences sociales des religions, 2013-3, n°163.
De l’estrac Jean-Claude, Mauriciens, enfants de mille combats, la période anglaise, Ile Maurice, Ed. Le Printemps, 2012.
Emrith Moomtaz, History of the Muslims in Mauritius, Ile Maurice, Ed. Le Printemps, 1994.
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Peerthum Satyendra, « Long and productive lives » : the experience of the pioneer muslim indentured labourers between 1837 and 1882, AGTF Newsletter, N° 10, 2012.
Ramchurn Sheetul, « Tribal origins », Indentured immigration, Truth and Justice Commission (TJC), Vol. 4 Part VII., 2011. Servan-Schreiber Catherine, Histoire d’une musique métisse à l’île Maurice, chutney indien et séga Bollywood, Paris, Riveneuve éditions, 2010.
Sewtohul Nivriti, L’île Maurice à travers ses villages, L’histoire du village de Triolet, Ile Maurice, 1990.
Sooriamoorthy Ramoo, Les Tamouls à l’île Maurice, Ile Maurice, Ed. Le Printemps, 2013 (2e éd.).
Torabully Khal, « The Aapravasi Ghat and Le Morne : the transcultural landscape of coolitude » , Souvenir magazine 180th anniversary of the arrival of indentured labourers in Mauritius, Aapravasi Ghat Trust Fund, 2014.
Utchanah Mahen, « Honoring a maker of history, remembering the work and struggle of Pandit Basdeo Bissoondoyal, 1906-1991 », Souvenir magazine 180th anniversary of the arrival of indentured labourers in Mauritius, Aapravasi Ghat Trust Fund, 2014.
Uteem Cassam et Taleb Basheer Hussein (éditeurs), Mosquée Al Aqsa (1805-2005), Ile Maurice, Ed. Le Printemps, 2005.

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Pravina Nallatamby (alias Anjali B.)




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